Du vin servi aux enfants à la cantine ? La date arrêtée va vous surprendre

Servir du vin à des enfants à la cantine scolaire peut sembler totalement impensable aujourd’hui. Et pourtant, cette pratique tout à fait réelle a perduré bien plus longtemps que ce que l’on croit. Une date clé marque la fin de cette tradition surprenante… et elle risque bien de vous étonner.

Oui, les enfants buvaient du vin à l’école

Cela peut paraître absurde. Avec les nombreuses campagnes de prévention sur les dangers de l’alcool, imaginer un élève de primaire siroter un verre de vin rouge pendant son repas relève quasiment du cauchemar. Pourtant, cette habitude a longtemps été considérée comme normale… voire bénéfique.

Jusqu’à la fin des années 1950, le vin était régulièrement présent dans les cantines scolaires. Il ne s’agissait pas d’une entorse aux règles : cette tradition faisait partie de la culture française. Le vin était vu comme une boisson saine, énergisante, et même nécessaire pour la croissance !

1956 : une première interdiction… partielle

Le tournant a lieu en 1956. Cette année-là, une circulaire ministérielle, signée par le président du Conseil Pierre Mendès-France, interdit formellement la distribution de vin aux enfants de moins de 14 ans dans les écoles. C’est une première étape.

Mais attention : les adolescents de plus de 14 ans, eux, peuvent toujours y avoir droit. Notamment dans les lycées, où il n’est pas rare que le vin accompagne le repas du midi. Oui, même pour des mineurs !

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1981 : l’interdiction devient totale

Il faut attendre 1981 pour que le vin disparaisse totalement des cantines, y compris dans les lycées. Ce n’est qu’à ce moment-là que la consommation d’alcool est totalement bannie des repas scolaires, quels que soient l’âge ou le niveau d’étude.

Jusqu’à cette date, les jeunes de 15, 16 ou 17 ans pouvaient tout à fait boire du vin en milieu scolaire. Cela peut paraître désuet, voire irresponsable aujourd’hui, mais c’était alors dans les normes sociales. Le regard que la société portait sur l’alcool était tout simplement différent.

Pourquoi le vin était-il autorisé ?

Au milieu du XXe siècle, le vin avait encore une réputation de boisson forte, nourrissante et saine. Selon les croyances populaires, il pouvait aider à digérer, donner de l’énergie et même limiter les maladies. C’est aussi l’époque où les produits alimentaires étaient moins contrôlés, et où l’on faisait confiance aux traditions plus qu’aux données scientifiques.

Le vin était mis au même niveau que les protéines animales, comme la viande ou le poisson. Il symbolisait la force, la virilité… et l’entrée dans l’âge adulte. Pour un jeune garçon, boire du vin à table était presque un rite de passage. Une manière de devenir un homme.

Une société influencée par le patriarcat

Un aspect souvent oublié de cette histoire est l’influence du patriarcat sur la consommation d’alcool chez les jeunes garçons. Le vin était fortement associé à la virilité. Selon le sociologue Patrice Duchemin, cette idée d’un “homme fort qui boit” est ancrée dans les cultures vinicoles françaises.

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Les régions productrices de vin avaient tout intérêt à former leurs futurs consommateurs dès l’adolescence, voire l’enfance. Cela participait à maintenir un mode de vie, une économie, une tradition.

2009 : enfin, une vraie limite d’âge

Aussi choquant que cela puisse paraître, l’interdiction de vendre de l’alcool aux mineurs en France ne date que de 2009. Avant cela, rien dans la loi n’empêchait formellement un commerçant de vendre une bouteille à un jeune de 16 ans.

Aujourd’hui, les choses ont changé. L’alcool est reconnu comme un risque majeur pour la santé dès le plus jeune âge. On sait qu’il nuit au développement du cerveau, à la concentration, et augmente les risques de dépendance à long terme.

Un regard neuf sur le passé

Ce retour sur cette pratique ancienne montre à quel point nos repères évoluent. Il nous rappelle aussi que ce qui semble “normal” aujourd’hui peut être jugé absurde demain. Peut-être qu’un jour, on s’indignera de voir autant de sucre dans les goûters des enfants…

En attendant, gardons à l’esprit cette date étonnante : 1981. L’année où l’on a enfin cessé de servir du vin aux élèves à la cantine.

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Julien B.
Julien B.

Chef autodidacte et féru de gastronomie, Julien B. explore les secrets de la cuisine française. Ses articles sont un mélange de techniques, de traditions et de créativité.